Vers le calme courant de la Vistule 

Nous avons voulu visiter la Pologne, la vraie, la Pologne profonde, sortir des sentiers battus et des stéréotypes, voir ce pays autrement que ce que l’on montre dans les journaux et dans les agences de voyages. Pour cette première, nous avons choisi la Małopolska, la région, pas la voïvodie puisque nous irons aussi en Podkarpackie, difficile cette région, avec des destinations connues du monde entier : Cracovie (Kraków), Wieliczka, Zakopane et Oświecim. Et pourtant …. en cherchant un peu, nous avons trouvé des circuits qui nous mènent dans des endroits extraordinaires ….Le village fleuri de Zalipie , Szczepanów village de naissance de St Stanislaw, Ojców, le desert de Błędowska etc.….Binarowa , Sękowa , Lipnica Murowana et Dębno Podhale perles de l’architecture du bois et classées au patrimoine mondial de l’Unesco, architecture du bois dont nous suivrons un circuit du Szlak Architektury Drewnianej dans le parc national Magurski pays des Lemkos et des Cerkwi  (cerkiew, église orthodoxe ou gréco-catholique) .
Nous avons pris l’avion de Bale-Mulhouse à Warszawa et nous avons loué une voiture à Warszawa  et direction le sud de la Pologne … Wierzbanowa.

Nous avons cherché à nous loger à peu près au centre de tous ces circuits et pour cela nous avons établi le camp de base à Wierzbanowa à la pension « Anna ». Une pension de famille très accueillante et qui se situe à peu près à mi-chemin des itinéraires choisis, si vous êtes amateur de truites, le patron de la pension Anna se fera un plaisir de vous en mettre au menu. (La pension Anna dispose d’une piscine pour les résidents).
Le prix des nuitées était en 2008 de 30 zl par personnes, le petit déjeuner (très copieux !) 8 zl et le diner 15 zl. Nous n’avons pas déjeuné à la pension « Anna » on n’y a que diné, par contre dans la région je vous conseille la « restauracja Stara- Kuźnia « à Kornatka Dobczyce 252. 
Wierzbanowa (gmina Wiśniowa) se trouve sur la route 964 qui relie Wieliczka à Mszana Dolna, située entre les Beskid Makowski et les Beskid Wyspowy l’altitude des monts se situe à 700-800 mètres c’est une région de moyenne montagne magnifique au pied des Gorce où les randos sont accessibles à tous.

Aux confins des deux piémonts, du  Podgórze Bocheńskie et du Podgórze Wiśnieckie, est située la petite ville de DĘBNO. Elle sera le point de départ d’un circuit qui nous mènera, outre la visite du château de cette petite ville, vers SZCZEPANÓW lieu de naissance de Saint STANISŁAW et puis un peu plus loin au nord-ouest de TARNÓW, non loin du confluent du Dunajec et de la Vistule, à l’ une des plus intéressantes microrégions  ethnographiques de la Pologne dont le centre est ZALIPIE.

DĘBNO est situé entre BRZESKO et TARNÓW le long de la route n°4 (E40) qui va de Kraków à la frontière ukrainienne. Le château construit entre 1470 et 1480 par le châtelain Jakub de Dębno est aujourd’hui un musée, il est situé dans un superbe parc. Les touristes peuvent visiter trois étages du bâtiment avec des expositions intéressantes, entre autres : la cave pour la conservation des vins, la cuisine, le garde-manger avec l`armoire des médicaments, le trésor, la salle des chevaliers et la chapelle aux encorbellements décorés de sculptures en pierre datant du gothique tardif. Nous avons pour la visite demandé l’assistance d’un guide ce qui est quand même le minimum pour la compréhension de l’histoire du lieu 
Le château est aussi connu par ses nombreux événements culturels. L’un des plus attrayants est constitué par le tournoi international des chevaliers organisé chaque année en septembre, qui attire des milliers de spectateurs. La région pittoresque de Dębno invite aussi à s’y promener et à visiter non seulement le château mais aussi les autres monuments précieux, comme l’église de Sainte Madeleine de 1504, la chapelle néogothique de la famille des Jastrzebski et les statues du XVIIIe siècle. 

Nous quittons Dębno pour rejoindre Szczepanów lieu de naissance de Saint Stanisław. 

Stanisław Szczepanowski, né le 26 Juillet 1030 et mort le 11 Avril 1079, également connu sous le nom de Stanislas de Szczepanów (en polonais Stanisław ze Szczepanowa) ou Saint Stanislas (pour l’Église catholique), est un évêque de Kraków. L’ Eglise catholique l’a proclamé Saint et patron de la Pologne.

Concernant la vie de Stanisław, les sources les plus anciennes le mentionnant sont les chroniques de “Gallus_Anonymus”  et de Wincenty Kadłubek ainsi que deux biographies en latin écrites par Vincent de Kielce. Ces sources ne sont pas très objectives et se nourrissent de légendes.
D’après la tradition, il serait né à Szczepanów, un village situé près de la petite ville de Bochnia, dans le sud de la Pologne. Il serait l’enfant unique d’un couple de nobles très pieux, Wielisław et Bogna. Au lieu de la naissance de St Stanisław, il y a la chapelle de la nativité et sous la gloriette en bois, se trouve le puits-source où Bogna lava le nouveau-né.

 

 

 

Pour la visite de la chapelle et du puits source, nous avons eu droit, alors que les locaux était fermés, à l’arrivée inopinée du sacristain qui sortit de sa poche une énorme clé, nous ouvrit la chapelle, nous raconta bien sur la vie de St Stanislaw puis nous ouvrit la porte du puits source, nous offrit un verre d’eau (l’eau est soit disant miraculeuse). Il nous accompagna ensuite dans l’église du cimetière, qui semble-t-il, fut à l’origine la demeure des parents de Stanisław et transformée en église bien plus tard . Après la visite de cette église nous fîmes encore une promenade dans Szczepanów, qui est un ensemble urbain datant du XVIII. La place dominante occupe un complexe sacral avec métairie et le lieu de naissance de St Stanisław avec la chapelle, le puits légendaire et une deuxième église dans l’enceinte du cimetière. Jusqu’à la première moitié du XXe siècle, les constructions en bois étaient majoritaires  à Szczepanów.
 
En quittant Szczepanów pour rejoindre Zalipie par la route 768 il est intéressant de passer par Mokrzyska. Le village présente un ensemble de maisons paysannes en style cracovien, caractéristique de la région de Petite Pologne (Malopolska). La toiture a deux ou quatre pentes. Les parois construites en couronne sont couvertes d’argile et peints en blanc ou en bleu. Une construction à poteaux soutenait la toiture.

 

Nous rejoignons Zalipie célèbre pour ses chaumières peintes par les routes 768-964-973 
Il n’y a pas de circuit prédéterminé pour la visite du village , de toute façon les 20 ou 30 fermes peintes sont dispersées dans un dédale de routes et il est parfois difficile de les trouver, sauf bien entendu celles qui bordent la rue principale .Il faut avoir à l’esprit qu’hormis la maison-musée de Felicja Curyłowa qui est une maison traditionnelle conservée, ornée de motifs archaïques , les autres fermes décorées sont habitées et ne sont pas des musées et c’est au bon vouloir des habitants de pouvoir les visiter. Nous apprîmes par une habitante du village qu’il y avait un « Dom Malarek » maison des femmes peintres. Nous nous rendîmes à l’endroit indiqué et nous eûmes là un récit de toute l’histoire des maisons peintes de Zalipie. Nous vîmes également des jeunes femmes qui apprenaient à peindre toute sorte d’objets (des assiettes, des cuillères en bois etc.…) dans le style « Zalipie « …aujourd’hui elles utilisent de la peinture acrylique.

La tradition de peindre l’intérieur des chaumières y est née vers la fin du XIXe siècle, car à la campagne, on faisait la cuisine sur un foyer ouvert.

La fumée montait dans la pièce et sortait par un trou pratiqué dans le plafond. Les murs de la pièce étaient donc tout le temps enfumés, noirs de suie. Plusieurs fois dans l’année au moment des fêtes, les femmes décoraient les murs noircis par des taches blanches de chaux. Ces motifs éclairaient un petit peu les intérieurs sombres des chaumières Quand on a commencé à construire des fours plus modernes, munis de cheminées permettant d’évacuer la fumée au-dessus du toit, les femmes transformèrent ces éléments ornementaux primitifs en formes simples de fleurs.                    

Au cours des années, d’autres couleurs furent introduites et on diversifia les motifs. Rivalisant entre elles, les jeunes filles commencèrent à peindre les maisons de l’extérieur. Quand elles commencèrent à peindre à l’intérieur, la décoration se concentrait autour du grand four en guirlande de fleurs, puis ce  fut autour des tableaux, des fenêtres et des huisseries. A l’extérieur c’était plutôt des motifs géométriques, des arcs, des zigzags, des sinuosités, des pointillés etc.….Les premières couleurs étaient aussi très simples, on employait des matières colorantes naturelles comme l’argile brune locale, la suie et la chaux. Le lait, le sucre, les œufs et l’eau de cuisson des pâtes servaient de liant. Des pinceaux, on en produisait de paille souple et pour les plus petits, de poil de vache, de crin de cheval et de cheveux Le talent des femmes de cette région ne se limite pas seulement à la peinture murale. Elles produisent de belles œuvres en buvard coloré, comme des fleurs, des rameaux, des bouquets de noces, des araignées “pająki”(décorations pendantes au plafond). 

Après ces explications nous reprîmes notre visite de Zalipie et nous fîmes bien sûr une halte au musée de Felicja Curyłowa. Là aussi on ne peut que louer la gentillesse et la patience de la dame qui nous fait visiter cette maison traditionnelle ornée de motifs plus archaïques et qui est restée avec nous bien après l’heure de fermeture du musée.

Après avoir pris congé de notre guide, nous quittâmes Zalipie pour rejoindre Dąbrowa Tarnowska puis Tarnów par la route n°73. Tarnów où nous reviendrons plus tard, nous avons repris la route n°4 pour retourner vers Wierzbanowa 
Quel circuit extraordinaire, si vous êtes dans le coin, alors n’hésitez surtout pas venez voir Dębno, Szczepanów et Zalipie , vous ne le regretterez pas !Nous avons été subjugués par le talent de ces dames de Zalipie , qui perpétuent une tradition plus que centenaire dont la volonté farouche d’égayer leur quotidien de couleurs chatoyantes nous a charmés ! Repeindre les maisons de l’intérieur et de l’extérieur chaque année d’une manière différente tel est le règlement du concours de création artistique organisé tous les ans par le musée ethnographique de Tarnów et dont les prix sont décernés, lors d’un grand festin de la culture populaire le premier dimanche après la fête Dieu !

Notre prochaine randonnée nous conduira vers : La ville en pierre et les dentelles a la rencontre de plusieurs cultures.

Ryszard