Cette fois, prenons la route de Żywiec à Ślemień et arrêtons-nous dans un village nommé Gilowice. Nous souhaitons vous présenter l’église de Saint-André l’apôtre située dans le centre du village.

Cette église en bois est bordée au Nord par des chênes vieux de plus de 700 ans. Ils sont déclarés monuments naturels et à ce titre protégés.

L’église de Saint-André l’apôtre a été construite à Rychwałd et consacrée en 1547 grâce à la fondation de Krzysztof Komorowski. En 1757 on l’a transférée à Gilowice où elle a été modifiée à plusieurs reprises, à l’emplacement d’une ancienne église en bois qui a été démontée et reconstruite au cimetière de Rychwałdek.

L’église dédiée à Saint André est orientée à l’Est. Ce n’est pas une particularité locale, la plupart des églises sont dirigées, selon la coutume, vers une direction importante au point de vue cosmique ou religieux. Dans la doctrine chrétienne, le principe de l’orientation est fondé sur le soleil levant, donc la lumière comme symbole du Christ.

Elle est construite en rondins avec une tour datée de 1641, œuvre de Jerzy Wisnicki artisan de Żywiec. Autour de l’église s’étendent « Soboty », des arcades basses reposant sur des piliers et couvertes d’un toit.

Soboty : Initialement destinés à protéger les fondations – éléments sensibles d’un bâtiment en bois – contre la pluie, ils ont une structure colonnaire dans la partie inférieure et sont en général lambrissés et fermés par une balustrade. Avec le temps, ils ont contribué au réchauffement de la construction, ils ont servi aussi à entreposer les ustensiles de l’église.

Le nom de “soboty” (« arcades » mais aussi « samedi ») se réfère à l’ancienne pratique des fidèles arrivés la veille pour assister aux offices du dimanche (donc samedi), ayant parcouru parfois des distances considérables. Regroupés autour de l’église, ils passaient la nuit à l’abri de la pluie et du vent. Pour les protéger efficacement, soboty devaient être suffisamment hauts et larges. Ils apparaissent assez tard, probablement au dix-septième siècle, en premier lieu dans les sanctuaires de pèlerinage. Avec le temps on a construit « soboty » (galeries) montées contre les églises. Les fidèles qui ne pouvaient pas entrer dans l’église pouvaient écouter la messe de l’extérieur. Ils ont aussi été aménagés en Chemin de Croix pour y célébrer la Passion.

L’église est entourée d’un mur en pierre avec une porte sur le côté Est.

 À l’intérieur de l’église, on remarque de nombreuses œuvres d’art sacré. Le maître-autel du début du XVIIIe siècle comporte une peinture représentant Sainte Anne (1706), une statue de Sainte Barbara du milieu du XVIe siècle, et les figures des deux apôtres Saint Pierre et Saint Paul.

À côté de la poutre horizontale qui sépare le chœur de la nef principale se trouvent deux autels baroques, une chaire du début du XVIIe siècle avec une peinture représentant les quatre évangélistes et la statue dorée d’une colombe sur le dais. Parmi les objets précieux il convient de citer les fonts baptismaux en pierre baroque avec une sculpture montrant le baptême de Jésus dans le Jourdain (cadeau de la famille Komorowski en 1440).

En outre, au milieu d’une poutre horizontale devant le chœur, un crucifix en bois est dressé entre les figures de Notre Dame et de Saint Jean l’Évangéliste.

 

 

 

Dans deux autels latéraux sont placées des figures du Seigneur Jésus crucifié et Saint Antoine de Padoue.
Sous le chœur se trouvent deux confessionnaux aux sculptures représentant les clefs de saint Pierre. Dans le grand porche un bénitier en pierre attire notre attention, un deuxième bénitier en forme de fleur est situé sous les arcades du côté sud.

Deux peintures polychromes du XXe siècle ornent l’intérieur, l’une dans le chœur représentant « Dieu le Père qui règne dans les cieux » et l’autre sur le plafond de la nef l’« Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie – Reine du Monde ».

Mentionnons également deux anciennes cloches, dont l’une a été coulée par des fondeurs cracoviens en 1535 et la seconde date de 1584.

Près de l’église se dresse un obélisque en pierre avec un aigle en couronne, dédié à ceux qui ont combattu pour la liberté de leur patrie dans les années 1914-1918.

Aleksandra avec l’aide de Mik

Copyright photos: Stéphane Delrieu