Józef Irzykowski fait partie des milliers de Polonais qui sont morts sur le sol français, pour défendre leur liberté et la notre. Ils sont tous des héros méconnus et méritent amplement que nous leur rendions hommage. (SD)

Il était quelque part, un parc chargé de sapins noirs et de tilleuls, et une vieille maison que j’aimais. (Antoine de Saint – Exupéry)

Jozef Irzykowski, capitaine d’une compagnie de sapeurs de la 10ème brigade de cavalerie blindée ( 3.06.1911 Zbaraż – 16.06. 1940 Montbard).
Józef Irzykowski est né à Zbaraz dans le sud-est de la République de Pologne ( localité connue grâce au roman « Par le fer et par le feu », du prix Nobel, Henryk Sienkiewicz ) dans la famille d’Hélène et Alfred Irzykowski. Après la mort prématurée de son père (médecin vétérinaire) la mère de Józef avec ses cinq enfants s’installe à Stryj, la ville du district . C’est là-bas que le jeune Jozef commence son éducation au collège dans une classe au profil mathématiques-sciences naturelles. La famille connait des difficultés matérielles ce qui fait que Jozef donne des leçons particulières de mathématiques.
Il était un élève très doué et très intelligent, comme le démontre, sa facilité d’apprentissage, des notes très élevées et d’excellentes opinions des enseignants. Ces aptitudes intellectuelles étaient accompagnées de traits de caractère précieux tels que le sens du devoir, l’honnêteté, la gentillesse et l’attitude amicale envers les autres. Il se passionnait pour le sport et en particulier pour la gymnastique, la natation et le pentathlon (également dans l’armée), Il pratiquait ces disciplines sous l’égide de l’Association des sports “Sokol” (“Faucon”) bien connue dans la période « entre deux guerres ». La natation était favorisée par une rivière propre et rapide qui coulait à Stryj et qui portait le même nom.

Jozef a participé ainsi à de nombreuses compétitions en remportant diplômes, primes et distinctions diverses Après son baccalauréat en 1930 il rejoint l’Ecole des Cadets de l’ingénierie à Varsovie, où il obtient un diplôme avec mention et reçoit un grade de sous lieutenant – ingénieur sapeur. Il est affecté à un bataillon de sapeurs dans une base militaire à Przemysl. En 1936, il est promu au grade de lieutenant. Il est jeune, plein d’enthousiasme et de joie de vie, profondément impliqué dans les problèmes de son pays.
Dans les notes de Karol Irzykowski, le frère cadet du père de Jozef (écrivain connu avant 1939, grâce à son roman”Pałuba» – roman innovant à l’échelle européenne de l’époque) s’esquisse la note suivante à propos de son neveu. « Mon neveu Josef, un lieutenant de sapeurs, un garçon très courageux, se moquaient de moi: «mon grand oncle (Stryjcio) ne sait rien de rien de l’armée, nous avons des écoutes, les avions allemands n’arriveront pas à Varsovie, par contre nous, nous serons bientôt à Berlin.”Karol I rzykowski: «Notes de la vie, les observations et les motifs», publié par l’éditeur, “Czytelnik”, en 1964, p.369).

Il ne pouvait donc pas supposer, à quel point le sort de la guerre sera compliqué, le destin de la Pologne, de l’Europe et du Monde ainsi que son propre destin, d’un soldat et de l’homme. Il part à la guerre en 1939, avec la 10ème Brigade de Cavalerie Blindée sous le commandement du colonel et pus tard du général S. Maczek.
Il participe à de violents combats contre les blindés du général von Kleist dans les environs de Lvov. La situation devient critique lorsque de l’Est l’armée soviétique frappe par surprise (17 Septembre 1939).
Dans une des études consacrées à ces combats se trouve une photographie représentant les soldats et les officiers de repos 10BKP près de Lvov. Parmi eux figure Joseph Irzykowski au béret noir avec aigle ,assis penché demeurant dans la fatigue et réflexion.

Le 19 septembre 1939 avec toute la brigade il passe la frontière hongro-roumaine pour finalement arriver en France. A Coëtquidan tout le monde se prépare pour la bataille, cette fois sur le sol français, mais toujours contre le même adversaire.
En tant qu’officier professionnel il a activement participé à la réforme de la brigade et à la formation nécessaires afin de collaborer avec l’armée Française qui vivait des moments difficiles. Le 15 juin 1940 la 10 BrigadeKP a mené des opérations militaires dans la région du canal de Bourgogne, près de Montbard, où de violents combats ont éclaté contre l’occupant le 16 juin 1940.

Le lieutenant Josef Irzykowski menant le peloton offensif est gravement blessé, transporté à St. Seine l’ l’Abbaye, il décéde le jour même. Il a vécu seulement 29 ans. En Pologne, il a laissé sa mère et sa fratrie (frère et sœur) et en France, son frère Zbigniew qui s’est battu sur un autre front.
Le colonel F. Skibinski dans son livre: “. Les combats de la 10ème Brigade de la Cavalerie blindée en Champagne, 1940 “commente: « Il y avait plusieurs tués, plus de quarante blessés .Parmi d’autres est tombé vers Montbard le lieutenant Irzykowski de la compagnie de sapeurs. ” Dans les archives se trouve l’extrait de l’ordre du commandant L.dz.2500 / tj./42 du 21.XI.1942, où Général.W.Sikorski a nommé Josef Irzykowski le 1 janvier 1943 post mortem capitaine dans le corps des officiers .
Le Général d’Armes Sosnkowski lui donna la croix d’argent de l’Ordre de la guerre Virtuti Militarie kl.V. Dans le préambule de cette distinction nous lisons: «En reconnaissance de sa bravoure personnelle extraordinaire et des actions remarquables pendant les combats 10 BKP en France en juin 1940. (Londres, 26.07.1946) .
Josef Irzykowski a reçu la Croix de la vaillance et la “Croix de Guerre.” Il a d’abord été enterré au cimetière de St. Seine L’Abbaye à Montbard. Sur la pierre tombale une main amicale a posé une statue de la Sainte Vierge (qui?).
C’était le premier tombeau du capitaine Josef Irzykowski à Montbard. Grâce aux efforts de son plus jeune frère Zbigniew (décédé à Lyon en 2002.) le corps du défunt a été exhumé et transféré le 27 mai 1988 au cimetière de La Doua à Lyon (carré militaire). La cérémonie a été solennelle en présence de son frère, des anciens combattants, des autorités consulaires polonaises et des représentants des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre du Souvenir Français. Dans la famille est resté à jamais le souvenir de Josef et de sa lutte et sa mort près de Montbard pour une liberté commune de la Pologne et de la France.

Polska / Pologne, Katowice, 21 Octobre 2011. Posté par: Zdzislaw Andrzej Zdebski (son neveu)
trad. Aleksandra Delrieu