Lachowice est un petit village situé au pied des Beskides plus précisément sur la route entre Zywiec et Sucha Beskidzka.
L’église des Apôtres Pierre et Paul n’est pas facile à trouver de la route. Quand vous remarquez le panneau « Sanktuarium » il est temps de chercher une place pour garer votre véhicule. Un petit chemin mène au sommet d’une butte où l’on aperçoit entourée de grands arbres une église brun foncé avec une tour surmontée d’une coupole.

Revenons quelques siècles en arrière.
Aux alentours de 1707, la comtesse Malachowska fonda au cimetière une chapelle dans laquelle les habitants priaient pour les défunts. Les autres actes religieux étaient célébrés dans l’église paroissiale située à environ deux heures de route.
En 1788, Teresa Wielopolska, propriétaire des biens de la région de Sucha, fit bâtir une nouvelle église. Son emplacement fut choisi au centre du village, à l’emplacement du vieux cimetière entouré d’arbres. La chapelle en bois fut démolie en 1789 et les habitants commencèrent avec grand enthousiasme à construire une nouvelle église, offrant la main d’œuvre ainsi que des dons en argent. Les forêts abondantes dans la région fournissaient la matière première. La construction dura trois ans.

On peut entrer dans l’enceinte par trois portails en bois avec toits de bardeaux de forme pyramidale. Autrefois la clôture entourait complètement le cimetière, mais quand il est devenu trop étroit, suite aux épidémies du XIXe siècle, il a été élargi par une ouverture de la partie sud-ouest de la clôture.
À l’intérieur, parmi de vieux arbres classés patrimoines naturels, se dresse la silhouette de l’église en bois.

 

Sa construction est «  orientée » à savoir l’autel à l’est et l’entrée à l’ouest. Sa structure est classique, elle est composé de trois parties : la tour, la nef et le chœur. La tour, renforcée par des poutres diagonales, domine le reste de l’église.
L’église est ceinte d’une série d’arcades, pour la plupart ouvertes, avec trois entrées. À l’abri des arcades on peut voir des stations de la Passion, peintes en 1846 par Antoni Krzastkiewicz. En franchissant le seuil de l’église, on marche sur un sol de pierre poli par des milliers de chaussures. On perçoit le parfum caractéristique des églises en bois et on ressent un climat chaud et apaisant. Au-dessus de nous s’étend la voûte en berceau bleu sombre et parsemée d’étoiles d’or.
La croisée du transept présente une double arcature. L’ouverture supérieure est ornée d’un crucifix en bois sculpté; l’autre, en arc de cercle, porte les statues de la Vierge et de saint Jean l’évangéliste.
Sous la voûte du chœur une peinture représente l’Immaculée Conception, inspirée d’un célèbre tableau du maître espagnol Bartolomé Esteban Murillo.

Le maître-autel a probablement été construit dans la première moitié du XIXe siècle et se compose de trois étages. Au sommet, entre des ornements baroques, trône le tableau des saints patrons de l’église : Saint-Pierre et Saint-Paul. Deux tableaux occupent l’espace du milieu : le Sacré-Cœur de Jésus et Notre-Dame de l’Immaculée Conception. Le bas de l’autel abrite des reliques de Saint Clément et Saint Innocent déposées pendant la consécration solennelle en 1855.
Aux murs, des peintures représentent les visages des apôtres. Un petit escalier étroit mène à la chaire, ornée de peintures de saints : Jan Kanty, Jan Nepomucen, Wincenty et Walenty. Sous le toit de la chaire figure un ange ailé avec une épée et une lance.
En face de l’entrée sud se trouve un confessionnal du dix-huitième siècle. À droite du chœur est placée une vasque baptismale en forme de coupe ornée de têtes d’anges.

Cette église d’un petit village perdu dans les Beskides a été inscrite sur la liste du Patrimoine de l’Unesco, mais sa candidature n’a pas été retenue.

Aleksandra Delrieu avec l’aide de Mik

Copyright photos: Stéphane Delrieu